Tout savoir sur la matrescence : la naissance d’une mère

Vous pensiez rester la même après l’accouchement, la même personne avec un bébé dont il faut s’occuper ?

En réalité, la psychologie nous apprend que devenir mère, c’est bien plus complexe que cela.

C’est un véritable changement identitaire, émotionnel, psychique, générationnel, bref, une véritable (re)naissance pour vous aussi !

Une définition de la matrescence

C’est dans les années 70 que le terme de « matrescence » apparaît pour la première fois. Le terme de matrescence a été inventé par l’anthropologue américaine Dana Raphaël. Il est la contraction des mots « maternité » et « adolescence ».

Elle écrit :

 » L’accouchement entraîne une série de changements spectaculaires sur l’état physique de la nouvelle mère, son état émotionnel, ses relations aux autres et même dans son identité de femme. Je distingue cette période de transition des autres, en l’appelant matrescence ».

A travers la notion de matrescence, Dana Raphaël évoque l’idée d’une transition, voire d’une crise identitaire comparable à l’adolescence.

Sauf que … cette idée avait déja été théorisée une dizaine d’années auparavant, par le psychiatre français Paul-Claude Racamier ! Vous savez, c’est aussi lui qui a parlé le premier de perversion narcissique, ou encore du terme « parentalité » !

Dans les années 60, Racamier s’intéresse à la dépression post-partum, et au processus psychologique du « devenir mère ». Il crée alors le concept psychologique de maternalité,
qu’il définit comme « l’ensemble des processus psycho-affectifs qui se développent et s’intègrent chez la femme lors de la maternité ».

En 1961, dans un article intitulé La mère et l’enfant dans les psychoses du post-partum, il décrit la maternalité comme une véritable crise d’identité, comparable à celle de l’adolescence.

Cependant, le terme « matrescence » est plus largement connu du grand public, notamment grâce au podcast éponyme créé par Clémentine Sarlat.

Les quatre éléments de la matrescence

Aux Etats-Unis, le terme de « matrescence » a largement été repris par la psychologie.

C’est la psychologue Alexandra Sacks qui l’a largement rendu populaire dans un TedX.

D’après ses recherches, la matrescence se compose de quatre éléments : la naissance d’une famille, l’ambivalence, le sentiments de honte et de culpabilité, et enfin la perte d’un idéal.

La naissance d'une famille

La naissance, ce n’est pas seulement celle du bébé. C’est aussi celle de la mère et d’une nouvelle part de son identité. C’est également pour elle, changer de génération, et prendre une nouvelle place dans sa famille.

C’est tout une dynamique de relations qui doit se réinventer autour de l’enfant.

L'ambivalence

Durant le post-partum, la mère est tiraillée entre ce qu’Alexandra Sacks appelle le « pull and push » (attirer et repousser). Elle désigne ainsi l’ambivalence entre l’envie d’être proche de son bébé, et celle de conserver un espace entre elle et son enfant

Plusieurs chercheurs pensent d’ailleurs que cette ambivalence est nécessaire au développement de l’enfant et autorise son autonomisation. J’avais fait un post à ce sujet sur Instagram si vous avez envie de creuser cette idée !

Les sentiments de honte et d'ambivalence

Durant la grossesse, la mère se construit aussi une image de la mère idéale. Cette image se crée à partir de son propre vécu, de l’imaginaire collectif et des attentes de la société vis-à-vis de la figure maternelle.
Après la naissance, la confrontation avec la réalité de la maternité est nécessairement source de désillusion, plus ou moins grande ou difficile à vivre. Cette désillusion est source de honte, lorsque la femme ne se sent pas conforme aux attentes qui pèsent sur elle. Elle peut aussi être source de culpabilité lorsqu’elle a la sensation de mal accomplir son rôle de mère.

Le deuil d'un idéal

Ce deuil est largement lié à la désillusion évoquée ci-dessus.

La jeune mère doit faire le deuil de toute une série de représentations fantasmée. Représentations de la naissance, de la rencontre, du bébé, de la maternité…

En conclusion ...

Si la dépression post-partum est une manifestation extrême de cette transition, la matrescence est commune à toutes les femmes, et une phase incontournable du post-partum.

Comme le souligne régulièrement la sage-femme Anna Roy, la matrescence n’épargne aucun domaine de notre vie : professionnelle, amoureuse, amicale, intérieure…

Elle nous invite à nous réinventer, à être bienveillante envers soi et à mieux nous connaître et nous écouter.

Pour aller plus loin ...

Parce que je suis convaincue que les changements liés au fait de devenir mère affectent aussi le rapport que nous avons à notre travail, je lance un nouveau programme d’accompagnement à la reprise du travail.

J’ai créé cet accompagnement pour vous permettre de prendre du recul sur les changements liés à la maternité, prendre conscience de vos forces et vos envies, et dessiner les contours d’un projet professionnel aligné, en accord avec vos valeurs, et évolutif dans le temps.

Si vous avez besoin de faire le point sur votre propre matrescence et vos envies professionnelles, alors rejoignez la liste d’attente et soyez avertie dès le lancement du programme !

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