Reprise du travail et culpabilité : comment arrêter de culpabiliser

La reprise du travail est souvent synonyme de culpabilité. Il faut dire que les sources de culpabilité sont nombreuses : faire garder son bébé, être loin de son enfant, voire peut-être, trouver agréable d’avoir un espace à soi.

Alors, comment arrêter de culpabiliser, et profiter pleinement de votre reprise ?

Je vous livre quelques conseils pour mieux identifier et gérer ce sentiment de culpabilité.

Que ressentons-nous (vraiment) ?

La culpabilité maternelle est souvent confondue … avec la honte ! Oui, vous avez bien lu ! Alors avant d’aller plus loin, il est important d’apprendre à distinguer ces deux sentiments parfois proches, pour mieux les identifier.

Qu’est-ce que la culpabilité ?

La culpabilité est une émotion dite négative, c’est-à-dire désagréable.
Elle survient lorsque je considère que mes actions ont transgressé une norme morale personnelle et causé du tort à autrui. J’ai donc le sentiment d’avoir fait quelque chose de mal, et que cela a nui.
Par exemple, j’ai crié sur mon enfant, qui s’est mis à pleurer.

Le plus souvent, nous réagissons à la culpabilité par un comportement réparateur.
Lorsque je me sens coupable, je vais donc chercher à réparer le tort causé (directement ou indirectement).
Par exemple, mon enfant me dit que je travaille trop, ce qui génère en moi de la culpabilité. Je vais réagir en posant mon mercredi pour passer du temps avec lui (réparation directe) ou encore, en lui achetant un nouveau jouet pour compenser mon absence (réparation indirecte).

Honte ou culpabilité ?

La honte est assez proche de la culpabilité.
Mais, elle provient, non pas d’un jugement que je porte sur mes propres actes, mais du regard des autres. Elle prend naissance dans une sensation de rejet social, de ne pas être conforme à la norme ou aux attentes sociales.

Par exemple, lorsque j’ai la sensation de ne pas être une bonne mère, parce que je n’aime pas jouer avec mon enfant, ou que j’aime aussi passer du temps au travail.

Face à la honte, la réaction n’est pas la réparation (il n’y a aucun tort à réparer), mais la conformité à la norme : je vais chercher à me fondre dans la masse.

Lorsqu’on parle de culpabilité maternelle, on fait souvent référence au regard que les autres peuvent porter sur notre maternité, et à cette sensation de ne pas être conforme à l’image de “la mère idéale”.
Cette injonction est aujourd’hui renforcée par les réseaux sociaux, qui participent à la diffusion de cette image de la femme parfaite. Cette émotion semble donc se rapprocher davantage de la honte, que de la culpabilité.

Arrêter de culpabiliser : exercice pratique

Pour arrêter de culpabiliser, je vous propose d’analyser votre situation, vos émotions, à la lumière des questions suivantes :

  • Que ressentez-vous ? S’agit-il de culpabilité ? De honte de n’être pas une mère parfaite ? D’un autre sentiment ?
  • Ai-je réellement causé du tort à autrui ? (enfant, collègue, conjoint …)
  • Suis-je réellement responsable de ce tort ?
  • Si oui, comment puis-je réparer ce tort ? Quelles sont les différentes options qui s’offrent à moi ? Laquelle me semble la plus appropriée ?

Reprise du travail et culpabilité vont souvent de pair. Cependant, il est important de ne pas se laisser dominer par la culpabilité. 

D’une part, parce qu’elle est un facteur de risque important de l’épuisement parental. D’autre part, parce que certaines études en psychologie démontrent l’impact de la culpabilité maternelle dans nos choix de carrière, et notamment dans le fameux « plafond de verre ».

Cet exercice vous a t’il aidé ? N’hésitez pas à me faire part de vos retours en commentaire !

Source : 

Comprendre le lien culpabilité-réparation : un rôle potentiel de l’attention – Aurélien Graton, François Ric – Dans L’Année psychologique (2017)

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