3 mythes sur les mères qui travaillent

Les mères qui travaillent font-elles des enfants malheureux ? Pour beaucoup d’entre nous, reprendre le travail est synonyme de culpabilité.

Dans son livre Les mères qui travaillent sont-elles coupables, la psychologue Sylviane Giampino revient sur 3 croyances très répandues qui visent les mères qui travaillent.

Je vous en dis plus dans cet article. C’est parti ?

Photo : https://unsplash.com/@chuklanov

Mythe n°1 : Le travail de la mère perturbe les enfants

Les mères ont souvent l’impression qu’être au travail, c’est être absente pour leur enfant. Et que cette absence perturbe l’enfant, son attachement et son développement.

Or, à ce jour, aucune étude n’a pu établir de lien entre le fait que la mère travaille à l’extérieur, et le développement ou la santé psychique de l’enfant.

Lorsqu’elles existent les différences entre les enfants gardés par leurs parents et les enfants gardés à l’extérieur (crèche, nourrice) sont le plus souvent liées à l’environnement et à la qualité du mode de garde. Elles s’estompent d’ailleurs à partir de l’âge de 6 ans.

Le travail de la mère intègre la réalité de l’enfant, de la même manière que sa place fratrie, son état de santé, l’absence ou la présence de son père, et bien d’autres données qui auront un impact bien plus déterminant sur son avenir.

La psychologue rappelle également que la séparation entre l’enfant et la mère est une expérience à laquelle l’enfant doit se confronter. Elle participe au processus d’autonomisation. En clair, elle fait partie intégrante de son développement.

Autre fait intéressant : la psychologue souligne que ce qui compte, en définitive, c’est le sens donné au travail, par la mère mais pas seulement ! Par exemple, le fait que le travail de la mère pose problème dans le couple, ou que son absence lui soit reprochée par ailleurs, influeront sur le ressenti de l’enfant.

Dans son livre, Sylviane Giampino donne cet exemple très parlant :

Un jour, un père m'explique que sa femme était trop fatiguée par son travail.
"Enfin, dit-il, elle a pris la sage décision d'arrêter".
A ce moment-là, son fils de quatre ans interrompt son dessin pour me dire "Papa, il a fatigué le travail de maman".

Mythe n°2 : Si la mère se sent bien, l'enfant se sent bien

Il y a une part de vérité dans cette affirmation. Effectivement, plus l’enfant est petit, plus l’état émotionnel de ses parents influence le sien.

Le tout petit-enfant n’arrive pas encore totalement à différencier ses émotions propres de celles de son entourage. S’ajoute à cela le fait qu’il est très sensible au non-verbal. Bien plus que nous, adultes ! En effet, pour le bébé qui ne comprend pas encore le langage parlé, les expressions du visage et l’intonation de notre voix constituent autant de points de repère.

Mais ce que dénonce la psychologue dans son livre, c’est avant le mythe de la toute-puissance maternelle. Derrière ce terme, se cache l’idée assez répandue que, si quelque chose va mal chez l’enfant, alors, c’est de la faute de la mère. Un brin culpabilisant, non ?

Et surtout, c’est bien entendu faux ! Le père, mais aussi tout l’environnement, le « village », dans lequel l’enfant évolue, ont une influence sur son comportement, son bien-être et son développement.

Ainsi, nous avons le droit de nous sentir stressées, coupables ou encore en colère, et cela pour 3 bonnes raisons :

  • A moins d’être très isolées, nous ne sommes pas le seul point de repère pour l’enfant. Il se nourrit des émotions éprouvées par le reste de son environnement (le co-parent, les personnes qui s’occupent de lui en journée…)
  • Il est plutôt sain, pour l’enfant, d’expérimenter une large palette d’émotions. Cela lui permet d’apprendre à identifier et à faire face à ses émotions (on appelle cela des stratégies de coping)
  • Cela peut aussi être éducatif pour l’enfant, à condition de lui expliquer, avec des mots simples, ce que vous traversez, et pourquoi.

Mythe n°3 : Pour un enfant, rien ne vaut sa mère

Nous l’avons vu, la mère n’est pas « toute puissante » pour l’enfant, qui se nourrit également de tous les liens qu’il peut tisser à l’intérieur et en dehors de la famille.

Ici, ce n’est tant la conviction que nous avons souvent d’être indispensable à nos enfants qui est visée par Sylviane Giampino. C’est plutôt la croyance populaire selon laquelle pour bien s’occuper d’un enfant, une femme doit s’y consacrer totalement.

La psychologue rappelle que si certaines femmes s’épanouissent dans le fait de s’occuper à plein temps de leurs enfants, pour d’autres, cela peut être une véritable source de souffrance. Et bien souvent, la vie de femme au foyer, si elle est subie plus que choisie, est synonyme d’exclusion sociale, voire de violence. Le livre mentionne d’ailleurs ce chiffre édifiant : 80% des maltraitances sont commises par un parent au foyer.

Cette souffrance est d’autant plus difficile qu’elle est indicible. Dans son livre, Sylviane Giampino écrit :

Elles hésitent à confier à leurs proches qu'elles n'en peuvent plus, qu'elles sont saturées par la répétition des soins à prodiguer aux enfants.
Le soir, leur mari, quand elles en ont un, ne comprend ni leur tension, ni leur fatigue extrême, ni leur tristesse.

Dans ces cas, plus fréquents qu'aucune étude ne peut le montrer, on ne peut plus affirmer que pour un enfant rien ne vaut sa mère.
Quand la perte d'estime de soi, de confiance, l'absence de projet d'avenir et la dépression s'installent dans la maison, alors l'enfant a plus à perdre qu'à gagner à ce que sa mère reste au foyer.

Ainsi, cette fausse croyance, qui motive parfois les femmes à s’occuper de leurs enfants plutôt que de retourner au travail, les fragilise, les exclue, voire met à mal leur santé mentale.

Que faut-il en conclure ?

Bien que ce livre soit parfois un peu daté (il a été publié en 2000), je crois que j’aurais aimé connaître ces 3 mythes lorsque j’ai repris le travail. Je me souviens lors de l’adaptation de ma fille à la crèche, m’être sentie envahie de culpabilité. J’avais le sentiment qu’elle serait mieux avec moi, que je lui imposais une situation qui n’était pas bonne pour elle, et j’ai même envisagé un temps de ne pas reprendre le travail.

Voyez cet article comme un rappel que, comme souvent en parentalité, il n’y a pas de modèle unique. Certaines s’épanouiront aux côtés de leurs enfants, tandis que d’autres en profiteront mieux après une journée de travail.

D’où la nécessité de bien se connaître, de savoir ce qui est important pour soi, et de faire ses choix pour les bonnes raisons !

Et si vous avez envie d’aller plus loin, sachez que ce sera le thème de la lettre mensuelle.

RDV le dimanche 20 février dans vos boîtes mails pour un exercice inédit qui vous apprendra à mieux vous connaître, et à faire les bons choix pour les bonnes raisons (vous l’aurez compris, la culpabilité n’est est pas une 😉).

Et si vous n’êtes pas encore inscrite, je vous donne rendez-vous ici !

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